L'homme doit lire pour s'instruire puis voyager pour rectifier ce qu'il a lu

L'homme doit lire pour s'instruire puis voyager pour rectifier ce qu'il a lu

Expérience Centrafricaine

 

J'irai manger chez les Centrafricains. 1994

 L'expérience probablement la plus locale que j'ai connu. Dans un pays très pauvre, enclavé au centre de l'Afrique, avec au nord le désert du Sahara et au sud le fleuve Oubangui.

 

C'est grâce à un collègue de travail et grand connaisseur de ce pays que cette expérience unique aura lieu, le pays est assez inhospitalier avec nous autres Européens, les risques d'agressions sont permanents.

 

Nous sommes en 1994, le pays connaît alors une dévalorisation de la monnaie de 100%, ce qui met en tension la population et ainsi tous étrangers sur place.

 

Néanmoins, je vais réaliser une expérience que peu de « blancs » feront là bas. Le réseau routier du pays est quasi-inexistant, ça et là des pistes boueuses ou poussiéreuses jalonnent les alentours de la capitale : Bangui.

 

Le pays regroupe plusieurs régions accessibles par ces pistes, avec des points de contrôle sur les routes, des genres de péages imaginaires mais bien réels. Souvent le lieu de problèmes, heurts d'une grande violence, généralement meurtriers, ces points sont nommés PK5 ou PK12 par exemple, signifiant « point kilométrique » avec la distance depuis la capitale.

 

Notre destination va être PK12, mon collègues est un très grand habitué du pays et cela est très important, quelques mots de « songo » peuvent être utile pour sauver une mise ou une vie !!!

 

La route est chaotique mais nous arrivons à destination, sur place un genre de poste et une barrière montrent l'emplacement du point kilométrique. A même la route des chasseurs ont mis en évidence des singes colobes tués, cette espèce est en voie de disparition, mais ici tout ce qui bouge est mangeable !!!

 

De petites cahutes longent la piste, mon collègues me dit que dans la plupart de ces lieux, on peut y manger tout et n'importe quoi. C'est un téméraires, mais ici il évite de faire le malin. Nous faisons plusieurs baraques en tôle, à l'extérieur il doit faire 35° avec un taux d'humidité de 100%, c'est très pénible même si nous sommes habitués.

 

Dans ces maisonnettes, il y fait plus de 40°, et on n'y voit presque rien, après plusieurs repérage en demandant ce qui était servi, mon collègue refuse plusieurs « menus ». Il demande plutôt une viande comme le phacochère. Elle est bonne et plus sûre que de la viande de serpent rare et donc tuée depuis trop longtemps ou du singe qui est un animal qui véhicule trop de maladie.

 

Effectivement, des locaux notamment une femme nous propose de ce sanglier africain en ragout. Nous sommes dans l'entrée de la guinguette en tôle ondulée. Nous avons de tous petits tabourets et attendons, dégoulinant de sueur.

 

Le plat ou plutôt la bassine arrive, on nous la pose par terre entre nous. Des morceaux de viande baignent dans la sauce et cela sent très bon, le légume accompagnant est le manioc. On attend un peu mais en fait il n'y a plus qu'à plonger nos mains dedans pour manger !!!

 

Pour être local, c'est très local, je voulais de l'authentique, je suis servi. Mais c'est très bon et l'expérience est extraordinaire, malgré la chaleur et les conditions. Je dirais qu'il régne tout de même un sentiment d'insécurité, mais les centrafricains nous ayant vu aller vers eux furent décontenancés.

 

L'effet de surprise est toujours en Afrique un atout. Et oui des « blancs » à PK12 qui demandent à manger comme eux, on ne voit pas ça tous les jours. On paiera une misère pour un repas frugal.

 

Unique et grandiose…



09/05/2010
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 147 autres membres